FERME SONGHAÏ AU BÉNIN : LE « CENTRE D’EXCELLENCE POUR L’AGRICULTURE »

Songhaï, pionnière de l’agroécologie et du biomimétisme en Afrique

Songhaï est à l’origine le nom de l’empire qui à son apogée au 16ème siècle, régnait sur une partie de l’Afrique de l’Ouest. C’est aussi le nom des fermes bio, pionnières de l’agroécologie et du biomimétisme, fondées par Godfrey NZAMUJO, ingénieur, microbiologiste et prêtre dominicain américain d’origine nigériane, dont la « ferme mère » a vu le jour en en 1985 à Porto-Novo au Bénin.

A partir d’un lopin de terrain abandonné d’1 hectare attribué par l’Etat béninois il y a 30 ans, Godfrey NZAMUJO a construit une ferme de plus de 24 hectares et une école de fermiers-entrepreneurs qui fait des émules. Songhaï aspire à développer des alternatives permettant aux populations africaines de se prendre en charge par l’entreprenariat agricole. Elle permet également aux producteurs locaux d’approvisionner leur propre marché et de créer des emplois ruraux.

Accompagnée de M. Emile TESSI, traducteur au centre Songhaï avec qui j’avais au préalable pris rendez-vous et qui m’a réservée un accueil des plus chaleureux, j’ai entamé dès l’aube la visite de la ferme Songhaï de Porto-Novo, devenue un projet-pilote pour le reste de l’Afrique.
Très vite, nous avons croisé Mr NZAMUJO qui parcourt un panama sur la tête les allées de la ferme. C’est un homme charismatique et qui semble arborer un sourire permanent. Il nous a très chaleureusement salué et autorisé à prendre des photos de lui et de la ferme.

Godfrey NZAMUJO
Crédit photo : Carole SAGBO

Un exemple d’agriculture intégrée et un modèle de développement autonome et durable

Une armée d’employés et d’apprentis est déjà à l’œuvre aussi bien pour la production de denrées agricoles que pour leur transformation et leur distribution. Ici des parcelles de fruits, de légumes, de riz, soigneusement entretenues et arrosées, là des élevages de poissons, de porcs et de volailles… Plus loin, les fientes de poules sont transformées en biogaz, le métal recyclé pour fabriquer des pièces de rechange pour les machines et les eaux usées sont filtrées grâce à des jacinthes. Ici le principe est clair : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Grâce à une utilisation intelligente des ressources, les fermes Songhaï offrent un modèle de développement autonome et rentable et permettent de répondre aux besoins en énergie.


Crédit photos : Carole SAGBO

L’entrepreneuriat agricole et la formation des cadres pour pérenniser le modèle Songhaï

Pour répondre à la vocation première du centre (la formation d’entrepreneurs agricoles), environ 400 élèves-fermiers sont sélectionnés sur concours chaque semestre et bénéficient à titre gracieux d’une formation à la philosophie et aux méthodes de Songhaï pendant 18 mois. Une fois diplômés, ils font l’objet d’un suivi régulier, afin de veiller à la bonne application de ce qu’ils ont appris au sein de leur propre exploitation.

Des stagiaires souvent étrangers, avec souvent des projets d’ouverture de fermes bio sont également accueillis chaque année. Ces derniers financent leur propre formation.

Le Songhaï Leadership Academy créée en 2015 vise quant à lui à former de leaders pouvant animer le mouvement Songhaï et capables de soutenir le développement de Songhaï dans le monde

Aujourd’hui, Songhaï c’est non seulement la grande école béninoise des fermiers-entrepreneurs, mais aussi plusieurs fermes implantées en Afrique (outre le Bénin, au Nigeria, en Sierra Leone et au Liberia). Songhaï a en outre été désigné « centre d’excellence pour l’agriculture » par les Nations Unies.


Crédit photos : Songhaï

Site Internet officiel de Songhaï : http://www.songhai.org

Article rédigé par Carole SAGBO
Consultante à La Maison de l’Afrique