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VTC en Afrique : un secteur en plein essor.

Avec plus de 1,5 milliard d'habitants en 2026 selon l’ONU, la population africaine devrait atteindre 2,5 milliards d'ici 2050, pour représenter le quart des habitants dans le monde.

Cette croissance démographique galopante a un effet direct sur l’urbanisation du continent et les États font tout, pour ne pas être en marge des nombreuses opportunités dans plusieurs secteurs comme l’économie numérique. En effet, les États africains ont décidé d’intégrer le digital et l’innovation dans des secteurs prioritaires et déterminants comme le transport et les Véhicules de Transport avec Chauffeur (VTC), un segment dynamique de l’économie numérique en Afrique.

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Un marché Africain en forte expansion

C’est une économie florissante dans le monde avec 190 milliards de dollars pour une couverture d’activité dans 80 pays. Selon une enquête de la société SAGACI RESEARCH, menée de janvier à juin 2024, auprès de 35 000 personnes et réalisée dans 28 pays africains, au moins 30% de la population a utilisé une application VTC, dans les quatre (04) dernières semaines avant de répondre aux questionnaires.

 

Des pays comme l’Afrique du Sud, la Zambie et le Kenya sont successivement à des taux d’adoption de 51% pour le premier et de 50% pour les autres. Avec une forte présence en Afrique de l’Ouest, les chiffres clés des parts de marché donnent à la société YANGO 14%, 16% pour UBER et 21% à BOLT, avec une présence remarquée dans 30 villes africaines. Ce sont ces trois leaders qui se partagent le marché africain.

Dans les 10 principaux marchés que comptent le continent africain dans le secteur des VTC, la compagnie BOLT est le leader sur 05 espaces, l’autre géant UBER est classé top 3 dans 08 pays et est en tête en Egypte. En ce qui concerne la société YANGO, qui a été connue par la population et fait son apparition en 2018 dans les pays comme la Côte d’Ivoire, le GHANA et le Sénégal, elle reste en tête du classement. Il faut noter clairement au regard de tout cela, qu’en termes de nombre de pays où une marque est leader, YANGO est l’acteur le mieux classé, mais pour les investissements, BOLT est le concurrent le plus agressif.

 

La régulation, défi majeur du secteur

 

Un secteur aussi dynamique et en plein essor en Afrique, interpelle les États africains à tout mettre en œuvre pour l’encadrement juridique et règlementaire. Plusieurs pays ont initié des lois afin de réguler et structurer l’ensemble des activités depuis plusieurs années.

 

C’est le cas des pays comme la Côte d’Ivoire ou selon l’article 7 du décret n°2021-860 du 15 décembre 2021, il faut un agrément délivré par le ministère en charge du transport routier pour l’exercice de l’activité. Cet agrément est pour les entreprises légalement constituées, dont au moins 25% du capital social est détenu par des nationaux.

 

Au Sénégal, le décret n°2024-487 sur les VTC était censé résoudre le flou juridique dans la légalisation des VTC, la prévention de la concurrence déloyale envers les taxis traditionnelset éviter l’éviction des taxis classiques. Les autorités sénégalaises tentent encore de clarifier les choses et faire encore de la lumière sur la mise en place effective de cette loi.

 

Au Ghana, une taxe spécifique pour les chauffeurs du VTC a été mise en place. Il s’agit d’un impôt sur le revenu trimestriel pour les chauffeurs VTC. Toutes les plateformes existantes sur le territoire doivent produire désormais une vignette numérique et fournir toutes les informations à l’administration fiscale. Cette condition va permettre une meilleure contribution équitable des acteurs du secteur dans la gestion des finances publiques.

D’autres mesures ont été prises au Mali, en Tunisie et au Maroc pour une transparence tarifaire et un appel à la régulation du secteur.

 

Un levier économique et social sous-estimé

 

Le secteur des VTC est aujourd’hui devenu un boom social, tant son impact réel est constaté dans la plupart des grandes villes africaines. Il a transformé la mobilité, les opportunités économiques et l’accès social des populations. Au niveau même des pays le fait d’introduire des outils de transparence facile la collecte des contributions fiscales dans l’écosystème du secteur des transports.

 

Le secteur des VTC est un levier économique fort dans les dynamiques d’opportunités de revenus, dans l’amélioration de l’éducation et dans la mise en place des services essentiels dans les zones mal desservies. Son impact est visible dans le quotidien même des travailleurs en Afrique, avec une optimisation des itinéraires et une meilleure disponibilité des conducteurs. Les trajets sont sécurisés, les services fiables et des paiements uniques sur les plateformes.

 

Selon les informations de la Banque Mondiale, 40% des adultes d’Afrique subsaharienne ont un compte mobile money en 2024, contre 27% en 2021. Cette situation permet de réaliser aussi la progression des avantages et de l’utilisation des VTC en Afrique.

 

Dans les différents pays, les femmes sont très engagées dans le secteur des VTC, en raison de la flexibilité pour allier travail, études et les responsabilités au niveau de la famille. Certaines plateformes innovent en initiant des offres financières pour l’augmentation du nombre de conductrices. Nous assistons également à des diversifications vers des livraisons alimentaires et le courrier.

 

Le secteur des VTC reste un secteur très dynamique en Afrique car il apporte une valeur ajouté conséquente au développement numérique et à la réduction des taux de chômage dans les pays du continent. Il s’avère donc impérieux pour les États de structurer le secteur et faire de lui un pilier et poids économique des PIB. Il est donc utile de se demander si la croissance des VTC, par sa simplicité d’utilisation va-t-elle réduire la propriété de véhicules en propre pour une frange de la population ?

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